dimanche, 04 septembre 2011
Les Ombres sensuelles de Carey Wallace
Les nouveaux auteurs sont au rendez-vous de cette rentrée littéraire. Nadja n’a pas chômé cet été, entre la lecture des classiques et celles des nouveautés. Le premier roman de l’Américaine Carey Wallace, La Comtesse et les Ombres, a particulièrement retenu son attention. Librement inspiré de l'histoire de la première machine à écrire, ce livre emprunt d’imaginaire et d’onirisme, est un hymne aux sens.
Louise
La Comtesse et les ombres
Carey Wallace
Presses de la cité
ISBN : 9782258081161
19 € - 276 p.
La Comtesse Carolina Fantoni passe son temps au bord du lac que son père a aménagé. Elle aime s’y promener, rêver, observer ce qui l’entoure, humer les mille arômes qui s’en dégagent. C’est là-bas qu’elle rencontre son ami d’enfance, Pellegrino Turri qui partage avec elle ses expériences scientifiques. Mais, alors qu’elle s’apprête à épouser Pietro, le parti le plus convoité de la région, des ombres viennent obscurcir son bonheur. Carolina perd peu à peu la vue. Contrainte de faire face à la cécité, elle s’évade dans ses rêves, en recréant un monde où la lumière mène la nature vers une beauté aux couleurs et aux nuances infinies.
Trois raisons de lire ce roman...
... Une histoire aux frontières du conte merveilleux qui nous transporte au début du XIXème siècle dans une vallée italienne. Le lecteur ne sait pas exactement où et à quelle période il se trouve. Ainsi, ce trouble laisse la voie libre à l’imaginaire et l’intemporel. Le cadre bucolique entre la forêt et le lac est digne des romans de la table ronde. Une influence chevaleresque, mêlée d’une inspiration romantique (incontournable au XIXème siècle !)
... Une histoire sensuelle et amoureuse sans jamais parler d’amour. Le lecteur vit au rythme des émotions pudiques de Carolina, il voyage au gré de ses sens, respire le parfum des fleurs de son jardin, du bouquet dans sa chambre, entend la formidable musique qui s’élève du salon, ou de la cime des arbres, ou encore de la cage de Babolo. La Comtesse nous entraine dans une véritable valse synesthésique, où les odeurs se mélangent aux couleurs, et les matières se laissent écouter.
... Une histoire sur l’obscurité qui ne tombe pas dans le pathos. Une écriture poétique, lyrique, sur la perte d’un sens, la vue. Mais le style de Carey Wallace ne se transforme jamais en longue plainte. Les ombres de Carolina sont inexorables, mais elle compose avec. Elle s’y prépare, et laisse ses autres sens se développer. Les émotions sont toujours retenues, c’est ce qui fait aussi le charme de ce roman plein de nuances.
Nadja pour Chroniques de la rentrée littéraire
02:24 Écrit par Nadja dans Actualité, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : la comtesse et les ombres, rentrée littéraire, carey wallace, littérature, italie, imaginaire, sensuel, le café littéraire de nadja, nadja breton, presses de la cité, 2011
mardi, 28 juin 2011
Des nouvelles du métro parisien
Saint Lazare, Les Gobelins, Saint Germain, Les Halles, Bir-Hakeim, République et Château d'eau... Une histoire à une station et une station a une histoire.
Intro Muros est constitué de sept nouvelles de Marc Villard et de Cyrille Derouineau parues aux éditions de l'Atelier in8 il y a déja un moment.
Ces histoires nous livrent différentes anecdotes, des tranches de vie. Il y en a pour tous les registres. Les auteurs jonglent avec le comique, le dramatique, le pathétique dans une atmosphère plus ou moins noire. Les personnages se rencontrent d'une nouvelle à l'autre en un réseau endiablé, à l'image de notre cher métropolitain.
Il n'y a pas d'ordre préétabli, c'est aussi ce qui fait le charme de ce coffret de nouvelles. Vous prendrez n'importe quelle station, c'est selon votre humeur. Elle recoupera de toute façon une autre. Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome ?
Partez à la rencontre de Fanny et Farid penchés au dessus des vitrines de la station Saint Germain, puis prenez la ligne 4 et arrêtez-vous aux Halles pour rendre visite à Babar qui crèche sous les escalators, prenez le temps de lire son histoire. Reprenez le métro et remontez la ligne jusqu'à Château d'eau pour plonger dans l'univers glauque de Maxime. Faites une petite pause dans un café et buvez à la santé d'André Breton ! Reprenez votre périple direction République et jouez les voyeurs en vous immiscant dans la rencontre de Diego et Rosemarie. Maryline poireaute à Saint Lazare, elle a rendez-vous. Peut-être pourriez-vous la rejoindre à cette station pour lui tenir compagnie ? Et après avoir joué les bons samaritains, filez à Bir Hakeim pour faire la connaissance de Robert, dépressif, interné, amoureux de la belle Lucille qui décide de se faire la malle. Puis prenez le métro aux Gobelins pour faire le voyage avec Sylvain et Sophie jusqu'à Stalingrad.
En espérant qu'il n'y ait pas de grèves, nous attendons la suite d'Intra Muros avec impatience pour que Marc Villard et Cyrille Derouineau nous racontent les histoires des autres stations. Nous vous remercions de votre compréhension.
Isbn : 978-2-36224-007-2
Prix : 17 euro
168 pages
Octobre 2010
10:14 Écrit par Nadja dans Blog, Livre, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : intra muros, livre, métro, paris, marc villard, cyrille derouineau, édition de l'atelier in8, le café littéraire de nadja, nadja breton


