lundi, 14 septembre 2009

Voilà un petit objet qui s'avale en quelques heures!

 

 

 

J'ai décidé de m'associer grâce à ce blog à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des sites de la rentrée littéraire !  Vous retrouverez aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.

 

 

 

 

 

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Le Retour de l’Auteur

Vincent Ravalec

 

 

Souvenez-vous, c’était en août 1995… Vincent Ravalec publiait L’auteur aux Editions Le Dilettante.  Il nomme tout, il situe tout, tout ce qu’il faut savoir sur l’entrée d’un écrivain dans le milieu littéraire, tout, dans les moindres détails, son match de football avec Poivre d’Arvor, sa cuite chez Castel après avoir reçu le prix de Flore, ses passages lamentables à la télévision et le tout dans un style hilarant, simple, fluide mais aussi déconstruit ! Le meilleur dans tout cela, c’est qu’il remet le couvert cette année avec une réédition complétée.

 

« Ecrire était une chose merveilleuse, un moment magique, une grâce tombée du ciel. »

 

L’histoire commence normalement. L’auteur nous fait part de ses réactions au moment de sa première publication, puis d’un match de foot entre écrivains et journalistes auquel il a participé par piston, alors qu’il n’est pas sportif pour un sou. Il se rend à un festival à Dunkerque auquel il est convié et où il s’imagine déjà être accueilli en grande pompe par la télévision, dormant dans un grand Hôtel du nord, au lieu de cela, non seulement la télévision était absente ce jour là, mais le grand hôtel n’est autre que la… maison de retraite du village de Coudekerque-Branche. Le seul coté positif, qui n’en est peut-être même pas un est sa rencontre avec une écrivain qu’il surnommera dans tout son roman « Michel Field », parce qu’elle n’avait que ce nom là à la bouche. De fil en aiguille, Vincent Ravalec nous fait part, toujours avec un très grand humour, des différentes expériences qu’il a vécues, notamment être contraint de se déguiser en Winnie l’Ourson tout en déclamant une tragédie antique. Ou encore, mais bien plus tard, son intégration à une société secrète littéraire qui a tout de l’escroquerie d’une secte, dirigée par Frère Gris avec sœur Rita et Sœur Violette.  Dans la seconde partie du livre, l’auteur nous fait basculer dans un univers quasiment merveilleux qui n’a plus rien à voir avec l’aspect matériel du début du roman. Cela dit, c’est dans cette seconde partie, qui a été écrite en 2009 que Vincent Ravalec évoque certains sujets d’actualité touchant au monde de l’édition, comme la création du e-book.

Vincent Racalec est l’auteur d’une vingtaine de romans et de nouvelles. Le retour de l’Auteur est la réédition de son premier essai. Celui-ci est à caractère autobiographique, certains faits paraissent très improbables, mais le doute est là. Il est possible tout de même que l’écrivain ait vécu toutes ces péripéties. Voilà un petit objet qui s’avale en quelques heures !

 

« L’écriture avait boosté mon imaginaire, arrivant à me faire distinguer, dans la grisaille urbaine et le monde de tarés dans lequel je vivais, beauté et fantaisie à chaque coin de rue. »

 

 

 

            Vincent Ravalec

            Le Retour de l’Auteur

            Le Dilettante

            Juin 2009.

 

 

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16:27 Ecrit par Nadja dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

mercredi, 24 juin 2009

Les Liaisons dangereuses et ses adapations cinématographiques

Bonjour à tous!

Vous connaissez bien sur le sulfureux roman de Choderlos de laclos, Les liaisons Dangereuses. Savez-vous que ce chef d'oeuvre à faire couler beaucoup d'encre et défiler beaucoup de pellicule?

J'ai recensé sept adaptations cinématographiques et deux adaptations télévisuelles. Mais les adaptations cinématographiques m'intéressent davantage. Pouvez-vous, chers lecteurs, me dire quelles sont vos préférés et pourquoi? Votre avis m'intéresse fortement.

Je vous remercie!

 

Les Liaisons Dangereuses, 1960 réalisé par Roger Vadim en 1959 avec Jeanne Moreau, Gérard Philippe, Annette Vadim et Jean-louis Trintignant.

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Une femme fidèle, réalisé par Roger Vadim en 1976.

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Dangerous Liaisons, réalisé par stephen Frears en 1989, avec Glenn Close, John Malkovitch, Michèle Pfeiffer et Uma Thurman.

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Valmont, réalisé par Milos Forman en 1989 avec Colin Firth, Annette Bening et Meg Tilly.

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 Cruel Intentions, réalisé par Roger Kumble en 1999, avec Sarah Michelle Gellar, Reese Witherspoon et Ryan Philippe.

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A noter: Deux adaptations asiatiques. Il s'agit de Untold Scandal, réalisé par E J-yong en 2003 et transposé dans le contexte historique sud-coréen, avec notamment Bae Yong-jun et Lee Mi-suk ; et de Kiken na Kankei qui est une adaptation japonaise de Toshiya Fujita et Kanito Shindo.

12:15 Ecrit par Nadja dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

samedi, 09 mai 2009

Un dimanche au Touquet

             Nous avons pris la rue Saint Jean. La rue principale du Touquet Paris Plage. Il y avait beaucoup de monde dans cette rue ce dimanche là. C'était juste après le marché, le stand de bric et de brac. Dans la rue Saint Jean, étroite, cernée d'immeubles anglosaxons, tout le monde s'arrête pour prendre une crèpe ou une gauffre. Les "Tiens, tu ne t'arrêterais pas ici pour prendre un petit truc à grignoter" fusent.  Le vent était glacé ce jour là.

            Quelle importance! Nos glaces à la main, nous sommes descendus sur la plage tous ensemble. Cela faisait si longtemps que nous ne nous étions pas retrouvés ainsi. Les immeubles blocos jonglaient avec d'adorables maisons, nous faisaient front sur l'esplanade.

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 Je suis passée devant le bar Heineken qui longe la plage, sans y prêter la moindre attention. Ce n'est que plus tard que j'y ai repensé, comme on pense à un dock désafecté. De quoi pouvait-il bien vivre ce bar? Il n'y avait pas un chat à l'intérieur.

          Un dimanche au Touquet me ramène dans les années quatre-vingt-dix. Cette ville est comme figée, aussi rétro que la fête foraine. Cette ville est une fête foraine dont les couleurs passées nous agressent et nous enchantent.

 

Mais ce ne sont pas mes souvenirs.

 

 Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo nadjabreton.

 

 

12:11 Ecrit par Nadja dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 20 avril 2009

Portraits de femmes

Il y a celles qui ressemblent à Méduse et celles qui sont les victimes.

Le manichéisme est-il omniprésent lorsqu'on veut décrire un personnage féminin de la littérature? Elle est ceci, elle est cela, elle se place à tel rang de la société, elle a mal agit, elle a eu raison, elle a eu tort. La description des hommes est peut-être moins tranchée, moins morale aussi (il s'agit là, bien evidemment juste d'une interrogation et nons, malgré la forme, d'une affirmation). A t-on vraiment dit de Julien Sorel qu'il était bon ou mauvais? N'y a t-il pas moins manichéen que le roman de Camus, L'Etranger? En effet, Le rouge et le noir et L'étranger ne se placent pas du tout sous le signe de la morale. Valmont n'est-il pas plus nuancé que Merteuil, à première vue? Adolphe n'a pas la position de pur bourreau, alors qu'Ellénore a celle de victime de façon absolue.

Attention, je ne prône absolument pas le manichéisme, je suis juste en train de m'amuser.Ce n'est pas non plus un sujet de bac et rassurez-vous, je ne jouerai pas les Castors!

Cherchons dans la littérature (au cinéma, par le biais de l'adaptation) qui sont les victimes et qui sont les bourreaux, parmi les femmes...

 

Nana du roman éponyme d'Emile Zola: photo du film de Jean Renoir

Nana.jpg"Nana passait, pareille à une invasion, à une de ces nuées de sauterelles, dont le vol de flamme rase une province". Une femme démon, incarnant la décadence de toute une société, une rafale qui porte et emporte avec elle l'honneur de la gente masculine. Ce démon putain finit par tomber dans l'abyme. Avant de mourir, elle se repent. Du coté de Renoir, elle prend une dimension quasi christique en s'élevant à une dimension mystique et surnaturelle qui n'engage que le réalisateur.

 

 

 

 

julesetjim.gifCatherine du roman Jules et Jim de Henri-Pierre roché: photo du film de François Truffaut

"Catherine était contente du succès de sa ruse; Jules et Jim étaient émus comme par un symbole qu"ils ne comprenaient pas." Catherine est un désir à elle toute seule, son être ne fait qu'un avec ce qu'elle veut. Elle est ce qu'elle veut, mais son grand drame est de ne pouvoir avoir ce qu'elle veut. Elle finit par choisir le suicide et le meurtre, celui de Jim, en culbutant sa voiture du haut d'un pont en ruine. Femme démon, manipulatrice, elle se perd elle-même dans son jeu et dans le désespoir qu'elle cause.

 

 

breton_image003.jpgNadja du "roman" éponyme d'André Breton: photo d'un dessin de Nadja, issy du livre.

Je vois en Nadja une figure victime. Cela n'engage que moi. Breton a t-il fait un seul geste pour aider cette femme quand elle a été internée? Cette "créature magique", un peu Mélusine, un peu Marie-Antoinette, n'a t-elle pas été sacrifiée pour acquérir une dimension allégorique? "Nadja" est le nom qu'elle s'est choisi, en russe, ce nom est le commencement du mot "espérance". Une vision qui la mène directement au désespoir...

A noter: l'adaptation de Nadja au cinéma (produite par David Lynch) a fait du personnage surréaliste un vampire.

 

 

forum_143856_1.jpgLa Princesse de Clèves du roman éponyme de Madame de La Fayette: photo du film de Jean Delannoy

"M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu'il fut proche d'elle, et qu'elle lui fit la révérence, il ne put s'empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s'éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu'ils ne s'étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s'ils n'avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s'ils ne s'en doutaient point."

La pauvre princesse de Clèves n'a pas les traits d'un démon, au contraire. Elle peut être assimilée à une "presque-Madame-de-Tourvel". En effet, la citation est quasiment la même, une passion folle, sauf que dans Les liaisons dangereuses, Madame de Tourvel finit par céder, ce que ne fait pas la Princesse de Clèves. Les deux femmes auront pourtant le même sort, elles finiront par mourir au couvent. Comme quoi, l'avenir d'une femme est très dur, si celle-ci est touchée par une passion, assouvie ou non. Mais tandis que le vicomte de Valmont se "suicide" au cours d'un duel, M. de Nemours finit par oublier sa belle.

 

liaisons-dangereuses-1988-20-g.jpgLa Marquise de Merteuil du roman Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos: photo du film de Stephen Frears

A la fin du roman, la marquise est dévorée par la petite vérole, elle s'en remet, mais est défigurée. "Le Marquis de ***, qui ne perd pas l'occasion de dire une méchanceté, disait hier, en parlant d'elle, que la maladie l'avait retournée, et qu'à présent son âme était sur sa figure. Malheuresement tout le monde trouva que l'expression était juste."

 

madame-bovary-flaubert.jpgMadame Bovary du roman éponyme de Gustav Flaubert: photo du film de Claude Chabrol

Bien que masculine, créee par la plume d'un homme ("Madame Bovary, c'est moi" dira Flaubert), cette femme connait le sort de nombreuses héroines de la littérature (certaines sont évoquées ici), elle se suicide avec en avalant de l'arsenic pour échapper à une société qui ne lui convient pas, et pour que son mari n'apprenne pas ses aventures.

 

 

 

112864.jpgLa Présidente de Tourvel du roman Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos: photo du film de Stephen Frears

" (...) elle n’a point, comme nos femmes coquettes, ce regard menteur qui séduit quelquefois et nous trompe toujours. Elle ne sait pas couvrir le vide d’une phrase par un sourire étudié ; et, quoiqu’elle ait les plus belles dents du monde, elle ne rit que de ce qui l’amuse. Mais il faut voir comme, dans les folâtres jeux, elle offre l’image d’une gaîté naïve et franche ! comme, auprès d’un malheureux qu’elle s’empresse de secourir, son regard annonce la joie pure et la bonté compatissante ! Il faut voir, surtout au moindre mot d’éloge ou de cajolerie, se peindre, sur sa figure céleste, ce touchant embarras d’une modestie qui n’est point jouée. Elle est prude et dévote, et de là, vous la jugez froide et inanimée. Je pense bien différemment. Quelle étonnante sensibilité ne faut-il pas avoir pour la répandre jusque sur son mari, et pour aimer toujours un être toujours absent. "

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Ellénore du roman Adolphe de Benjamin Constant: photo du film de Benoit Jacquot

Ellénore est sensible et meurt de peine d’amour. Allégorie de la fatalité, elle est le personnage romantique d’une victime de la passion.  Certes, l’héroïne est elle-même victime de la fatalité (fatalité de la passion, fatalité sociale, fatalité des circonstances) mais elle apparaît bien plus comme une « élue du destin » pour porter malheur à Adolphe. A cet égard, un trait frappant chez l’héroïne est son évolution. « Elle était douce, elle devient impérieuse et violente. » En effet, de victime de la société, elle devient geôlière de son amant et va exercer sur lui une violente tyrannie. Pour ce personnage, l'ambiguité est inverse par rapport aux autres personnages. De victime, elle devient fléau et donc démone, elle peut apparaître comme une "contre-Nana", en ce sens. La seule issue pour toutes ces femmes étant la mort.

14:01 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : femmes, livres, films, cinéma

mardi, 14 avril 2009

L'Etranger de Nadja


Lorsque ma langue glisse sur mes dents, je les sens lisses: je viens de me les laver. Mes yeux sont collés. Je n'entends presque plus l'eau de la pluie qui ruisselle contre le carreau de ma chambre. Il y a des petits points rouges sur un écran noir derrière mes paupières. Je pose sur la table de chevet mon bouquin corné à la page cent vingt deux. J'appuie mes joues contre celles de l'oreiller. J'aurais bien aimé que la femme à la terrasse du Café Soufflot appuie ses joues sur mon oreiller. Mais elle me ferait sans doute remarqué à quel point il s'effiloche.

Cette femme aux yeux de fougère m'a regardé, il y a quelques heures, comme on regarde une patisserie quand on est au régime: avec une grande envie dissimulée sous les traits du dédain. J'avais eu envie de faire demi tour, de la prendre dans mes bras, de lui dire que je ne fais pas grossir et enfin de la promener au Luxembourg, tout fier, comme on promène un lévrier afgan en laisse. Mais, comme chaque fois qu'une femme pose son regard sur moi, j'ai continué à marcher.

A présent, dans mon lit, j'y repense.

Je devrais aller m'acheter un autre pantalon pour remplacer le mien. Il est trop usé. Peut-être que Mademoiselle Mathin pourrait m'accompagner. Je l'emmenerais au jardin du Luxembourg. Elle m'apporte toujours le courrier gentiment,mais elle reste sur le pas de la porte. A chaque fois, elle a des petites phrases en réserve pour moi.

L'horloge accrochée au mur indique trois heures. Je dois compter dix- sept minutes en plus environ pour avoir l'heure exacte.

J'entends Monsieur Garand tousser. C'est le voisin du palier gauche. La dame qui s'occupe de lui est partie à 22h03. Peut-être que Monsieur Garand regarde l'heure, lui aussi. Il n'a sans doute pas envie qu'il soit si tard à sa montre, ou si tôt. Il tousse. Je m'attends toujours à ce que Mademoiselle Mathin m'annonce un matin que les poumons de Monsieur Garand lui étaient sortis par la bouche. Mais non. Elle me dit souvent qu'elle le trouve très courageux, parce qu'il tient bon.

De mon lit, je ne peux pas sentir l'odeur de cet homme, juste entendre ses soupirs, ses râles, ses quintes de toux, ses pleurs parfois. Quand j'ai envie de vomir, je respire par le nez. L'odeur est toujours perceptible, qu'elle soit réelle ou non.

J'ai envie d'acheter une télévision à Monsieur Garand, pour qu'il ne vive plus ses nuits comme un bagne. Ce sont les mots de Mademoiselle Mathin. Elle dit que son bagne, c'est son propre corps malade. Mais je ne suis pas riche. Et il faudrait que je m'achète aussi une télévision si je l'étais.

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10:58 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : paris, jardin, argent, littérature

 
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