vendredi, 20 février 2009

Nadja

"La beauté sera convulsive, ou ne sera pas"

Photo 009.jpgAndré Breton

mardi, 17 février 2009

Chez le fleuriste

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Pffffff… Métro Vavin. 198, Boulevard Montparnasse à 16 heures pour le « English tea hour. »
Présentations officielles.

Il a toujours eu horreur de cela, mais Catherine a insisté. Très insistante sa Catherine. Pour tout. C’est toujours elle qui tenait à sortir au cinéma le vendredi soir alors qu’il y avait de bons films à la télévision. Toujours elle qui insistait pour mettre les verres dans un placard différent de celui des assiettes. « Les femmes! », se disait-il. Quoiqu’il en soit, il devait se magner chez le fleuriste avant 16h. Rue Vavin, il y en avait un, il le savait. Ca tombait bien, son affaire.
Il avait tenté de lui faire comprendre, à Catherine, que connaître sa famille lui faisait très plaisir mais que le coté "présentation officielle" autour d’un thé anglais l’emmerdait profondément. Il savait très bien comment tout cela allait se passer. Devant la porte d’entrée, troisième étage, pallier de gauche, en sortant de l’ascenseur, il aurait déjà le front ruisselant et la tache incontournable sous les aisselles. Il est vrai que les parents de Catherine le terrifiaient quelque peu. Leur coté traditionaliste le mettait mal à l’aise, et cela sans vraiment les connaître, sans les avoir rencontré en personne. Cette idée de thé au lieu d’un simple dîner, ou d’un déjeuner ou encore d’une exposition au musée d’Orsay!
« Bruno, notre fille nous a parlé de votre métier. Alors comme ça, vous travaillez avec Alexandre des… comment déjà Catherine? Desplat? Ah oui, c’est ça. Oui, de la musique de film. C’est bien ça?
_ oui, c’est ça. C’est une véritable vocation pour moi (ouf une phrase de casé)
_le problème de ce genre de métier est la précarité n’est-ce-paaas?

_Oui… le tout est de se frayer un chemin, c‘est un milieu de requins, mais une fois qu‘on y est, on y reste et le nom devient en lui-même une carte de visite.

Ce discours là, il l’avait fait à ses propres parents, il le connaissait par cœur. Combien de fois à table, il avait fallu les convaincre que travailler dans le cinéma n’était pas synonyme de mort sociale? Ça allait être difficile, avec les parents de Catherine, il le savait. Son métier ne serait pas tout de suite accepté. Il s’y était préparé. Mais il se répétait aussi que le principal était quand même Catherine, son choix et son attachement et non le reste. C’est aussi ce qu’elle même lui répétait. Et oui, elle était attachée à lui, et oui, il était attaché à elle. En gros, tout allait bien. Si tout continuait à aller aussi bien, ils avaient même prévu de se marier. Pas tout de suite mais pas trop tard non plus. Et puis, pour des raisons fiscales, le mariage, c’est toujours mieux. il ne comprenait d’ailleurs pas leurs voisins qui, au bout de quinze ans de concubinage, ne s’étaient toujours pas mariés, alors qu’ils ne roulaient pas vraiment sur l’or et qu'ils avaient beaucoup d'enfants.
Trêve de digressions.
Pour le moment, sa mission était de trouver les bonnes fleurs. Les femmes, elles, connaissaient le langage des fleurs. Et ça, c‘était chiant. Il fallait donc faire très attention à ne pas envoyer un mauvais message à sa potentielle future belle mère. Il avait entendu dire que les roses jaunes étaient un symbole d’amitié. Mais il ne voulait pas qu’elle pense cela. Elle prendrait sans doute cela pour un manque de respect. Les roses rouges ne vont pas non plus, elles représentent la passion. Il fallait penser à autre chose. Pourquoi des roses après tout? Il y a d’autres fleurs, on l’oublie trop souvent. Heureusement que la fleuriste avait l’air gentil, elle allait pouvoir le conseiller.
Pourquoi pas un bouquet de mimosa? Le message était celui de la sécurité, pour rassurer madame, c’était quand même l’idéal. Un bouquet « malgré mon boulot je suis équilibré et stable et je ne me drogue pas », un bouquet qui parlait à sa place, ce n’était pas rien.
Pourquoi pas une plante? Original. Et l’avantage était que ça restait. Il avait pensé aussi à une orchidée, mais c’était peut être trop pour un simple « english tea hour » . Simple? Après tout, il n’en savait rien. Et puis qu’est ce qui était trop pour un « simple » English Tea Hour? Il ne savait absolument pas combien ils seraient. Il y aurait peut être toute la famille. Cousins, cousines, petit frère. Celui-là, il savait comment se le mettre dans la poche. Catherine lui avait dit qu’il était fan de cinéma. Il lui suffirait de lui dire qu’il connaissait plein d’acteurs. Tout en exagérant un peu. Allons pour l’orchidée. La fleuriste était d’accord aussi, il hésita quand même à cause de la forme clitoridienne de la fleur. Si la mère était un peu tordue (ce qui est parfois le cas chez les bourgeois bien coincés), elle y verrait là un signe d’activité sexuelle intense entre lui et sa fille. Or, elle la croit peut être encore vierge! Si elle savait la pauvre femme! Cependant, l’orchidée rappelait très bien les formes et les désirs d’une femme, ce qui pourrait faire de lui le gendre idéal et attentionné comblant les attentes de Catherine. Va pour l’orchidée!
Emballé, c’est pesé. A présent, il ne lui restait plus qu’à trouver le numéro de l’immeuble. Il lui semblait que c’était plus près de l’hippopotamus que de la tour. Il ne connaissait pas très bien le quartier. Lui, c’était plus rive droite. Et puis, il habitait Paris depuis peu. Il avait rencontré Catherine grâce à un site de rencontre sur internet. A cette époque, il était encore à Avignon. Puis, il avait été envoyé à Paris pour quelques tournages et en avait profité pour lui proposer un rendez vous. Et hop! D’une pierre deux coups. Ça a été presque automatique. Ils se sont vus plusieurs fois, dans des cafés, jardins, et cinéma. Puis, elle lui avait proposé de monter un soir. Ce qu’il avait attendu, bien évidemment avec une impatience dissimulée. Ils avaient passé la nuit ensemble et avaient convenu de vivre dans le même appartement. Pour des raisons pratiques en premier lieu. En effet cela évitait les transports, gain de temps et gain de pêche.
Quoiqu il en soit, il était déjà 15h53 à sa montre et il ne fallait pas tarder. Il passa devant une boutique de livres anciens. Des étalages à l’extérieur confirmaient que c’était la fameuse librairie de livres « beaucoup trop chers pour ce qu’ils valent vraiment » dont lui avait parlé sa Catherine.
Une femme pourtant les regardait avec une très grande attention................................................

 

 

 

Chers lecteurs, l'histoire n'est pas finie bien sur, à vous de la terminer si vous le désirez en cliquant juste en dessous sur "Commentaires"!

J'espère que vous ferez preuve d'inventivité, mais je n'en doute pas! Tous à vos plumes!

jeudi, 12 février 2009

Café Les deux Facultés

 

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J'ai comme une impression de passer ma vie dans les cafés. Certains passent leur vie dans les trains, au téléphone, à travailler... moi je la passe à regarder ma tasse blanche, tres souvent, et la substance noire et pauvre. Mais qu'est ce que j'attends au juste? je pense à des trucs parfois. C'est même dans ces endroits que je me surprends le plus à réfléchir. A Muchel qui se morfond, qui s'appitoie, qui veut me tuer. Je pense souvent à lui, à la façon dont il pourrait me détruire par exemple. Un jour de cours.

Un beau jour de cours qui serait mon dernier.

Il viendrait par surprise à la fac. Il faut dire qu'il n'y a pas mis les pieds depuis pas mal de semaines, depuis le drame en fait. Ce petit drame qui n'en était pas un pour moi. Il serait la, à marcher, les poings en l'air. Je serais dans le hall. Toute seule. Sans aucun doute. Il marcherait vers moi, me dirait bonjour et me foutrait son poing dans la figure. Une fois. Je tomberais. Les gens se regrouperaient autour de nous, l'air inquiet et hésitant. Il y a de l'animation dans cette fac, se diraient-ils.

Un truc à raconter aux copains.

Deux fois. Je ne me serais pas relevée entre temps, mais il cognerait quand même. Dans le silence. Tout se passerait ainsi. J'en mets ma main à couper.

J'ai effectivement croisé muchel en rentrant en cours un jour. Il est passé à coté de moi sans me voir. J'étais en retard et je ne me suis pas attardée. Le micro du prof marchait mal ce jour-là, et il y avait beaucoup de bruit en amphi, beaucoup de rire. Je notai mal le cours.

Mais retournons à mon café. J'attendais un jeune homme ce jour là. une cigarette au bec (cette histoire se passe avant janvier 2008). Je le vis s'approcher, j'avais pris une place stratégique pour pouvoir le guetter par la baie vitrée. Joseph Bara. C'était le nom de la rue que je voyais. J'étais un peu en avance, il était un peu en retard. Il me fit un signe et entra dans le café. J'avais eu le temps de fumer trois clopes. Je connaissais tres mal ce garcon, il m'avait plus ou moins draguée dans la rue, on s'était échangé quelques messages et on s'était vu quelques fois. Une fois, nous avions pris le bus ensemble. Il voulait me voir, et j'ai fait un bout de chemin avec lui, une dizaine de station même pas. Mais il me regardait d'une facon assez surprenante. Son regard me disait qu'il avait tres envie de me sauter. Je faisais biensur semblant de ne pas comprendre, il nétait pas question que je reponde à ses avances. Enfin en tout cas plus ou moins. Il m'a parlé longtemps du café, l'idiot. Il gesticulait, l'idiot. Il croyait dur comme fer à l'effet placebo du déca. Pour lui, tous les cafés étaient des expresso. Le déca n'était qu'une farce universelle, un peu comme le suicide de Bérégovoy. J'ai trouvé l'idée interessante. Pas tellement probable mais possible. Cette originalité valut quelques points dans le jeu de sa séduction, qu'il perdit très vite en me parlant de sa musique. Il écrivait des chansons, il m'en parla pendant une demi heure. Moi qui n'aimait pas tellement la musique pop-rock, il venait de creuser sa tombe. J'ai eu le temps de penser à autre chose pendant ce temps là, (tout le monde a déja fait cela, n'est-ce pas?). Opiner du chef de temps en temps pour faire croire à mon adhésion. Il insista ensuite pour qu'on aille chez lui. Il habitait rue Joseph Bara. Je montai au sixième dans son petit appartement. Il me fit un déca en riant. Je le regardais faire, sûr de lui. Je connaissais déjà la suite. Mais il s'y prit mal le bon bougre! Il m'a embrassée, et une dizaine de minutes après, nous étions déjà dans sa chambre. Un peu surprise, je me laissais conduire, il ne fallait pourtant pas que je réponde à ses avances. Bon, pour le coup, c'était perdu. Il ouvrit tout à coup la fenêtre, non pour regarder la belle vue en ma compagnie mais pour fermer les volets. Il prit son temps. Puis, il enleva la couette de son lit et me posa tranquillement sur le lit. Plus de malentendu possible. Cette absence même d'ambiguité me fit perdre toute envie instantanément. Et le fait qu'il se déshabille en prenant soin de bien plier ses habits avant de les déposer délicatement sur la chaise, était définitivement la goutte d'eau qui fit déborder le vase! Il partit seul dans la salle de bain, sans rien dire. Je sortis de son appartement tout simplement sans rien dire non plus. Sans faire d'histoire. Et je repartis en cours. A plusieurs reprises, il tenta de me recontacter. Je lui ai répondu une fois, en lui proposant une petite promenade au jardin du luxembourg. Mais il n'est jamais venu au rendez-vous, puis j'ai ignoré ses appels et ses messages. Il comprit tres rapidement et ne perdit pas son temps avec moi.

Muchel est revenu en cours, puis il est reparti, pour s'inscrire à l'armée. Il ne m'a pas cassé la figure. Un jour, un peu plus tard, dans le même café, rue Joseph Cara, nous avons longuement parlé lui et moi. C'était bien mieux que les poings. Tout le monde le dit, ça. Quand nous nous sommes quittés, il souriait et m'a fait un signe de la main.

On ne le reverra plus je pense.

L'épisode muchel est terminé.

Il aura diuré trois mois à peu pres. Lui, comme le guitariste et sa musique pop rock, sont sortis de ma vie, en laissant derriere eux quelques traces de déca qui n'arriveront pas à me maintenir éveillée. Je dors beaucoup pour éviter de pleurer. Et je dors beaucoup trop pour mon organisme qui s'habitue progressivement à l'effet d'otium. Cet effet qui donne au membre du corps l'envie d'être des nuages ou des morceaux de coton qui servent à démaquiller le visage des femmes.

 

Retour en 1943. Café et musette. une femme chante à la radio. Ca grésille un peu. Je vis en sépia et c'est bien mieux, on ne voit pas les imperfections. Je vois cette femme à travers la radio, elle est si belle. Ici, on parle de tout. Des allemands, de l'occupation, des juifs qui partent et qui ne reviennent pas. Parfois, les soldats en uniforme viennent pour parler. Ils sont comme nous, ils attendent.

 

 

13:04 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : café

jeudi, 05 février 2009

Cale d'air pour fil de fer

A l'occasion de l'exposition "Alexander Calder, les années parisiennes" au Centre Pompidou du 18 mars au 20 juillet 2009, deux petits bijoux de livres consacrés à l'artiste sont publiés aux Editions Dilecta. Je vous parlerai de cette petite maison d'édition un peu plus tard, dans une autre note, promis!

Pour le moment, Animal Sketching (conçu par le sculpteur en 1926) et Calder, l'impossible réalisé (portrait de l'artiste écrit par Alain Jouffroy) sont à l'honneur!

Pour ceux qui ne savent pas qui est l'artiste, bref blabla biographique: Alexander Calder est sans doute l'un des sculpteurs les plus reconnus et influents du vingtième siècle. Il s'est servi de son génie novateur pour modifier le cours de l'art moderne. Il commença par mettre au point une nouvelle méthode de sculpture : en manipulant et déformant des fils de fer. Il a « dessiné » des figures en trois dimensions dans l’espace. Il est célèbre pour l’invention du mobile, dont les éléments abstraits et suspendus bougent et s’équilibrent dans une harmonie changeante. Calder a également réalisé des sculptures de plein air à grande échelle constituées de plaques d’acier, des titans imposants qui ornent désormais les places publiques de villes du monde entier. Il meurt en 1976.

 

 

ANIMAL SKETCHING est le premier livre publié par Alexander Calder à New York en 1926, peu avant son départ pour la France. Cet ouvrage, fondamental pour la compréhension de l’oeuvre de Calder, est une étude consacrée à une dizaine d’animaux et à leurs déplacements, illustrée par de nombreux dessins. Il annonce l’ingénieux travail de sculpture qu’il réalisera à Paris l’année suivante pour Le Cirque miniature, dans lequel il donne vie à des personnages et à des animaux en trois dimensions. Dans la perspective de l’exposition consacrée par e Centre Pompidou à l’artiste « Alexander Calder, les années parisiennes (1926-1933) », les Éditions Dilecta proposent une réédition de l’ouvrage en facsimilé enrichie d’une présentation d’Arnauld Pierre, spécialiste de Calder, et complétée de sa toute première traduction française. Arnauld Pierre n'est pas n'importe qui, il est l'auteur du Découverte Gallimard sur Calder.

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L’ÉLÉPHANT: L’éléphant a été adopté comme emblème de l’un de nos plus grands partis politiques pour un certain nombre de raisons. Il est doté d’un profi l sagace et d’un oeil rusé, tandis que sa peau distendue et sa panse évoquent l’habit et la silhouette de certains des hommes politiques célèbres de notre histoire. Mais les éléphants que nous sommes le plus susceptibles de voir mènent des existences très sédentaires, puisqu’ils se sont « ramollis ». Pourtant, les mouvements de cet animal qui est le plus grand des mammifères vivants ont quelque chose de remarquablement gracieux et rythmé. C’est un animal capable d’une férocité et d’une vitesse redoutables quand il est provoqué. Étudiez l’éléphant, si l’occasion se présente. Vous trouverez là un sujet fascinant et, peut-être, beaucoup plus beau que vous ne le pensiez.

 

 

 

 

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CALDER, L’IMPOSSIBLE RÉALISÉ est un portrait attachant écrit par Alain Jouffroy.

Au cours des années 1970, celui-ci a souvent rencontré l’artiste, avec qui il a noué des relations de travail et d’amitié.

Dans ce petit livre, il mêle le récit de ces rencontres avec un artiste drôle et attachant à l’évocation d’une oeuvre simultanément minutieuse et tentée par la démesure. Défi à l’échelle de l’art convenu, défi aux lois naturelles de la gravité ou de l’équilibre, animation magique de l’objet, de la couleur ou de la forme, les sculptures de Calder révèlent comme nulle autre la grâce de la matière et mettent en scène « l’impossible réalisé ».

Alain Jouffroy est l’auteur d’une centaine de livres, en particulier des romans, de la poésie, et des essais. Il a récemment publié Une révolution du regard aux Éditions Gallimard. Encore un blabla bibliographique: Né en 1928 à Paris, il fut membre du groupe surréaliste de 1947 à 1948 (André Breton, René Char et Henri Michaux publient ses premiers poèmes), cofondateur de la revue Opus International et directeur de la revue XXe siècle de 1974 à 1981. Il a rencontré Alexander Calder à plusieurs reprises.

À l’occasion de l’exposition « Alexander Calder, les années parisiennes (1926-1933) » prévue au Centre Georges Pompidou du 18 mars au 20 juillet 2009, les Éditions Dilecta proposent un texte inédit d’Alain Jouffroy consacré à l’artiste.

 Voici un lien d'une jolie petite vidéo de notre ami Calder et son cirque:

http://www.youtube.com/watch?v=t6jwnu8Izy0&feature=re...

Sortie des deux ouvrages le 17 mars 2009.

Prix public d'Animal sketching: 24

Prix public de Calder, l'impossible réalisé: 8 €

Editions Dilecta: www.editions-dilecta.com 

mardi, 03 février 2009

J'ai tout oublié

J'ai tout oublié de cette odeur d'alcôve et de cigarette qui inondait ma chambre au sixième étage.

J'ai tout oublié de ces hommes que je prenais en photo et que j'épinglais sur mes quatre murs comme des trophées rampants.

J'ai tout oublié de tes appels tardifs et de tes plaintes contre tout, contre la RATP, la SNCF, l'Etat, la police et j'en passe. Ton père était libraire et tu ne m'en as jamais parlé. J'aurais bien aimé pourtant que tu me parles de lui, savoir s'il aimait ta mère, savoir s'il lisait beaucoup là-bas, au bout de la ligne 13. J'aurais tant voulu connaitre tout de toi, mais tu ne me parlais plus...J'aurais aimé que tu me parles de ton pays, savoir où tu es né, pouvoir faire une enquète sur ça pour toi.

C'est l'histoire d'une fille qui a changé de vie.

J'ai même oublié mes "crises verbales" pour emprunter l'expression de Jules. J'ai tout oublié pour ne penser et me consacrer qu'à celui dont je ne parle jamais mais qui a tout mon coeur.

C'est l'histoire d'une jeune fille qui a changé de vie.

14:59 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

 
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