vendredi, 07 mars 2008
Il fait un peu froid aujourd'hui
Je retrouve mon âme rue soufflot. C'est là que j'habite, presque. La carterie en bas, c'est là que j'avais perdu mon âme. "As tu honte de moi?" lui disais-je, et les gens se retournaient étonnés à notre passage. Absurdité. Non sens. Pourquoi un homme si laid aurait-il honte d'être à mon bras? C'est devant la carterie que tout s'est passé. Je revèrais cette carterie, mais je ne lui prète plus tellement d'attention désormais. Un coup de fil peut tout faire basculer. Remember when we used to play, bang bang. BANG BANG.
Je retrouve mon âme rue soufflot. Mais j'en ai perdu, des gens, en cours de route. Ce ne sont plus les mêmes qui entrent dans mon studio. Ce ne sont plus les mêmes et pourtant, j'ai la même souffrance. Pas encore d'atterissage depuis deux ans et demi. Comment pouvez vous me comprendre, cher lecteur, puisque je n'ai qu'une plume allusive? C'est ce que m'a dit la vieille pie en atelier d'écriture romanesque. Il s'en est passé des choses depuis mon dernier billet. MOn ami anti-inspi m'a abandonnée, comme lorsqu'il dormait et que je restais seule à coté de lui éveillée. Je lui disais souvent: "Ne t'endors pas surtout, le sommeil c'est comme la mort, c'est pour ceux qui veulent semer les autres". Et c'est vrai, c'était pour lui le seul moyen de me semer... Il a pleuré pourtant à la gare de Chantilly quand il m'a dit que c'était fini. Que c'était beau! que c'était mélo! que cela devait être bon pour les spectateurs! Enfin, les deux ou trois pèlerins qui rentraient à paris vers 22h30. Il ne pouvait même plus parler, tant il pleurait, et je pleurais aussi. Aussi théatrale que la rupture du RER B, mais dans un genre différent. Je les aime mes hommes, ils marchent fiers, le front haut, fiers d'être avec moi, fiers de me jeter, fiers de posséder. Car ils me possèdent, oui. Ce n'est pas seulement quelques sous vetements que j'oublies chez eux, non, ce sont des bouts de mon âme éparpillés un peu partout dans Paris. Petite pensée musicale aux airs suaves de violencelle, de barbara... et le petit nouveau, Damien Rice! C'est tout ce qu'il m'a laissé le dernier, Damien Rice et quelques plats chinois à emporter, en banlieue proche, le mardi soir.
Je retrouve mon âme rue soufflot. Quelle importance que les gens soient différents, tant que les lieux restent à leur place!
18:25 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 27 septembre 2007
le jardin des tuileries
Cela fait trois ans à présent.
Je me rappelle encore la façon dont j'étais habillée. Un mauvais goût très certain se disaient sans doute les gens autour de moi. Une longue chemise saumon, un haut court jaune à froufrou et un pantalon rouge.... Ce mauvais goût, je l'ai perdu en vivant ici, comme j'ai perdu beaucoup de choses depuis, mais bien après. La révolution s'était produite au contact des hommes. Un air de Barbara me vient alors, en écrivant ces mots. Un peu comme une réincarnation. Oh! non ! Je n'aurais pas cette prétention, mais disons qu'elle fait tout à fait partie de moi maintenant. Depuis un an. Je l'aime, la révère, l'admire, elle est un peu lilith, un peu viviane, un peu Nadja, un peu toutes les femmes que j'aime. Oui cela fait un an et je pourrais presque fêter l'anniversaire de mon amour pour elle, et cela, presque mois pour mois. Période très sensuelle de ma vie, qui fut brève certes, mais terriblement intense. (Période que vous pourrez lire très prochainement dans la note "les Editeurs"). Je ne la regrette pas et la rêve parfois.
Des doigts puant la clope qui effleurent un piano noir, le parfum de celui qui m'indiffère à présent (un vrai guignolle) et le vin blanc. Tout cela dans une sensualité à demi mot, prostituée, libertine, enfantine et sacrée. Du sucre dans du café. De la pluie sur des quais de seine glissants, une veste foutue. Des milliards de goutte, des seaux d'eau inondant ma jupe un peu bohème. Je porte souvent encore cetet jupe. Si. En fait, au fond de moi, je dois regretter un peu cette période. Mais pas pour lui. Lui, je ne le regrette pas. Son sourire, son hypocrisie, son intolérance, ses mots toujours trop forts, au dessus de toute réalité. Ces mots qui me ressemblent. NOn. Je ne le regrette pas lui. Je me regrette moi. Je m'aimais moi dans cette histoire là. J'aimais ma vénalité, mes sourires, ma shizophrénie, ma candeur et ma bestialité, ma saleté, la mondaine que j'étais à travers lui. ET depuis, toutes mes actions, tous mes gestes sont aiguillonnés par rapport à cette période.
Mais cela fait trois ans à présent que j'attendais quelqu'un d'autre dans ce jardin. Ce quelqu'un n'était pas l'hypocrite dont je parle, il est un petit homme, à peine plus jeune que mon petit frère et que j'aime encore aujourd'hui.
14:20 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 31 août 2007
pensée d'aout
Je me lasse très vite des corps
celui de mon homme, pas encore
et lorsque dans mes bras, il respire un peu fort
j'attends avec joie notre petite mort...
18:00 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
le funzy café
Si j'étais une station de métropolitain, je pense que je serais Notre Dame des Champs. En travaux. Non. Pas en travaux. En friche. Des affiches arrachées, un mur pas bien net, qui grouille de gersures, de fissures, des ruelles en béton. On gratte un peu et tout devient moche. Une illusion de savoir où l'on est, juste cela. Je retrouve toujours cette station avec bonheur. Et pourtant, voila bien longtemps que je l'ai quittée. Un an. Plus d'un an.
Je me retrouve dans un café (pour une fois!), juste à coté du Petit Chinon. Et c'est le coeur serré que je suis passée devant l'immonde pizzeria.
A force d'écrire du nominal, je sens que je perds le verbe et je je deviens incapable de formuler mes phrases correctement, en gros, à la "sujet-verbe-complément". Cela se ressent lorsque je rends mes dissertations pourries aux profs de la Sorbonne. Je le sens très bien aussi lorsque j'écris mes articles au journal. Et puis, je déforme vraiment tout. Dramatique, tragique, épique, pour finir vraiment pathétique. Eh oui! tous les registres y passent avec moi. Autrement dit, juste à coté. Ma prose est toujours à coté, et ma façon de penser aussi, tout sent le factice, pue l'artificiel et l'hermétique indéfinissable qui ne veut souvent pas dire grand chose. Et pourtant, je les blâme ces Nizan, ces Sartres et compagnie, ils me ressemblent à cela près qu'ils ont le talent pour eux, et qu'ils ne m'ont rien laissé du leur, ils auraient pu partager... Donc je reprends, quand je dis "mes articles au journal", cela signifie "des échos dans un magazine bimensuel". Je suis creuse comme une caisse de résonnance, où comme les nouvelles carafes de la gamme Mikasa oenology (qui sont top dans leur genre!). Petite caisse de résonnance, chétive, frêle, étroite, comme celle d'un violon. Grattez le vernis cher ami et vous aurez du mat insupportable, fade, et insipide. On ne peut contenir que très peu en moi et je ne sais même pas comment appréhender l'avenir avec le peu que je n'assume déja pas.
Mon régulier est beau, est bien et fait toujours mieux que moi. Mon admiration pour lui est très grande. Je n'ai pas encore vraiment écrit sur lui, j'aime écrire quand tout est terminé, qu'il n'y a plus rien juste du desespoir. Lui, il me procure tout le bonheur et le plaisir que j'attends. Bref, il n'a pas l'étoffe d'une muse de desespoir. Je ne me sens pas Didon avec lui, ni Phèdre. Je ne suis pas rampante, nous marchons côte à côte, il fait souvent beau quand je le vois. Pour que l'automne des idées touche à sa fin, il faudrait que je le quitte, ou qu'il me quitte. Mais je préfère pour l'instant garder ma mauvaise inspiration et mon bon petit ami.
Comme je vous ai dit, je suis dans un café à Vavin. Mais rien n'est pareil que le Petit Chinon. Il y a du jazz qui passe à la radio, mais rien ne me rappelle les moments passés aux Editeurs. Je ne pense pas retourner dans ce café de si tôt, surtout que le serveur n'est pas tout à fait ce que l'on pourrait catégoriser de "serveur aimable". Enfin bref.
UN groupe à coté de moi débatte vivement des spéculations amoureuses d'une belle fille aux cheveux longs. Elle est coiffeuse, mais n'en a pas l'air. Il y a un gay qui est en train de lui dire: "ta valeur est en toi, tu es désirable, je suis désolée, je t'avais déja repérée dans la rue" et blablabla. Un pédé qui drague une fille, ca passe toujours. Mais si je la draguais, moi, elle ne m'écouterait pas.
J'ai aimé tant d'hommes à cette station de métro, et tant d'hommes m'ont aimée. Tous plus déglingés les uns que les autres. J'en ai croisé un en sortant tout à l'heure, on s'est fait signe, on s'est sourit et la vie a repris son cours. Je n'ai pas beaucoup parlé de cet homme sur ce site, mais je tiens encore à lui. Je ne l'ai jamais aimé d'un amour sexuel, mais je sens bien au fond de moi qu'il me manque un peu, et que je l'ai aimé quand même.
Notre Dame des Champs m'allait si bien.
17:53 Ecrit par Nadja dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 29 juillet 2007
à une femme qui fait toute mon admiration....
Elle est si belle de sa souffrance derrière son noir piano
Ce piano que ses doigts touchent avec emerveillement
elle est si belle de son mal de vivre, de ses insomnies, de ses sanglots
Ces sanglots fiers et ses yeux noirs enivrants
la patronne de ses hommes qui se soumet à leurs lois
C'est elle qui veille, qui arrive trop tard parfois
Comme ce fameux matin pluvieux à Nantes
Cette femme oiseau qui a pardonné, à ses hommes, à son père
et que seul, le profond mal de vivre, ne hante
et qui retrouve son innocence dans le petit jardin d'hier.
Mais un soir, dans le petit bois de saint amand
où la petite fille se cachait avec son amoureux,
cette folle au coeur content fut couchée doucement
la terre s'est ouverte faisant valser ses courts cheveux
Le noir piano est seul, on entend le glas sonner
elle ne nous reviendra plus le coeur egratigné.
A Barbara.
19:45 Ecrit par Nadja | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note